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Quel est LE livre à dévorer avant la fin de l’année?

Quel est LE livre à dévorer avant la fin de l’année?

Noël arrive, et vous ne savez pas quoi lire durant le temps des fêtes. Ou bien, vous ne savez pas quoi offrir. Pas de panique! J’ai une splendide suggestion à vous faire, à savoir mon coup de coeur de l’année écoulée.

 

De quel livre s’agit-il? Non, pas d’un livre qui parle d’économie ou de management, qui sont pourtant les sujets centraux de mes billets de blogue dans «Espressonomie» et dans «En Tête». Mais d’un livre hors-champ, d’un livre à nul autre pareil, d’un livre qui, somme toute, permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous évoluons aujourd’hui. Bref, du parfait manuel de survie pour qui entend manoeuvrer habilement dans ce monde complexe (mais passionnant) qui est le nôtre.

 

Mon nouveau livre : 11 choses que Mark Zuckerberg fait autrement

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Le titre de ce livre : Retrouver la raison (QuébecAmérique, 2016). Son auteur : Jocelyn Maclure, professeur de philosophie à l’Université Laval et ex-cofondateur du magazine Nouveau Projet. Et son objet : permettre à chacun de regarder d’un oeil neuf les grands débats de notre société, et par suite, son propre quotidien.

 

Pour vous en donner une idée, je vais partager avec vous un extrait du livre de Jocelyn Maclure dans lequel nous pouvons tirer un riche enseignement à même d’améliorer notre vie de tous les jours, en particulier au travail. C’est que, trop souvent, nous assistons au boulot à des chocs d’idées reçues et autres opinions toutes faites, à propos de tout et de rien : deux collègues qui se disputent en refusant d’écouter les arguments de l’autre; un boss qui reste rigide dans ses convictions en dépit des chiffres qui lui donnent tort; etc.

 

Comment mettre fin à de tels dialogues de sourds? Eh bien, regardons ensemble ce qu’en dit l’auteur de Retrouver la raison :

 

«Paul Grice a été l’un des philosophes du langage les plus influents dans l’univers philosophique nord-américain du XXe siècle. L’Histoire s’en souviendra entre autres pour son «principe de coopération conversationnelle» et les maximes qui en découlent. Ce principe doit idéalement gouverner les discussions visant la coopération entre les interlocuteurs; et donc, permettre d’éviter que quelqu’un ne cherche qu’à raisonner de façon stratégique, marquer des points, ou encore caricaturer la position de l’autre.

 

«Le principe de coopération conversationnelle [revient, de manière pratico-pratique, à faire siennes] les maximes suivantes :

 

> Qualité

Essayez d’avoir une contribution véridique :

 

1. Ne dites pas ce que vous croyez faux;

2. Ne dites pas ce pour quoi vous n’avez pas de preuves suffisantes.

 

> Quantité

[Veillez à bien doser l’information que vous partagez.]

1. Faites une contribution aussi informative que nécessaire;

2. Ne rendez pas votre contribution plus informative que nécessaire

 

> Relation

Soyez pertinent.

 

> Manière

Soyez clair :

1. Évitez les expressions obscures;

2. Évitez l’ambiguïté;

3. Soyez bref;

4. Soyez ordonné (procédez par ordre).

(…)

 

«En plus des maximes de Grice, on peut s’inspirer des principes de générosité interprétative et de rigueur analytique proposés par le philosophe Daniel Dennett dans son manuel de pensée critique. Selon lui, notre idéal, lorsque nous interprétons une pensée opposée à la nôtre, devrait être de présenter la position critiquée de la façon la plus perspicace, juste et bienveillante possible, à un point tel que notre interlocuteur pourrait reprendre à son compte notre interprétation. Dans les termes de John Stuart Mill, «une doctrine n’est pas jugée tant qu’elle n’a pas été jugée dans sa meilleure formulation»…

 

«Dennett propose ainsi quatre règles à respecter pour formuler un commentaire critique qui atteint sa cible :

 

1. Tenter d’exprimer la position de l’autre d’une façon tellement claire, vivide et juste que ce dernier dirait : «Merci, j’aurais aimé avoir pensé à cette formulation par moi-même!»;

2. Faire mention des points d’accord ou d’entente avec la personne critiquée;

3. Mentionner ce que l’on a appris de la personne critiquée;

4. Critiquer et tenter de réfuter la position adverse.

 

«La générosité interprétative n’est pas synonyme de complaisance. Au contraire, les critiques qui sont fondées sur des caricatures et sur des raisonnements fautifs sont faibles et faciles à écarter, alors que celles qui font preuve de rigueur et de générosité sont beaucoup plus difficiles à réfuter. Il faut, pour ce faire, vérifier si les faits que l’on évoque sont vrais et si les étapes justificatives de notre raisonnement sont bien assurées. Si on ne parvient pas à répondre à une critique empreinte de générosité à l’aide de nouveaux arguments, la probité intellectuelle exige que l’on révise notre position.»

 

Voilà. Grâce à M. Maclure, j’ai appris le principe de coopération conversationnelle de Paul Grice ainsi que les quatre règles de Daniel Dennett pour formuler une critique constructive. Oui, j’ai découvert combien il était intelligent – et payant – de recourir à la perspicacité, à la justesse et à la bienveillance lorsqu’on argumente avec autrui. Ce qui me permet on ne peut plus pertinent dans le cadre du travail, où l’important n’est pas de l’emporter sur autrui, mais bel et bien d’évoluer avec autrui.

 

Vous l’avez compris, j’ai adoré l’intelligence de Retrouver la raison. J’espère vous avoir convaincu de tenter l’expérience de cette lecture, à votre tour.

 

En passant, le poète français Lautréamont a dit dans Les Chants de Maldoror : «Les grandes pensées viennent de la raison».

 

Article de lesaffaires.com

Publié le 13/12/2016 à 06:06, mis à jour le 13/12/2016 à 06:20

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